Redistribution des cartes

La draft de l'année dernière ne sera pas vraiment restée dans les annales. S'il faut leur laisser du temps, les Monta Ellis, Jordan Hill and co. n'ont pas encore imposé leur patte sur la ligue. La preuve, c'est Jose Juan Barea, seizième choix, qui a été élu rookie de l'année, ce qui, il faut bien l'admettre, n'a pas la même allure qu'OJ Mayo, Kevin Durant ou Derrick Rose. D'après les spécialistes, la nouvelle cuvée serait d'un autre calibre, avec surtout un joueur que toutes les équipes voulaient accueillir. Blake Griffin, la star des Sooners d'Oklahoma, rejoindra donc la franchise de Toronto, qui l'accueille à bras ouverts. Quelle sera sa destinée? Une carrière en dents de scies à la Greg Oden, ou un destin étoilé à l'image de Kevin Durant? La réponse ne pourra être connue que dans quelques années. Bien malin qui pourra prévoir ce que vont devenir ces 29 rookies qui sont venus serrer la main du commissioner avec des rêves de gloire plein la tête.

Comme chaque année, un focus sur tous les éléments du premier tour:

Choix Equipe Joueur Commentaires
1 Blake Griffin: Pour la deuxième année d'affilée, les Raptors ont le privilège de faire leurs courses avant tout le monde. Cette année, cela avait une saveur particulière, car c'est un joli spécimen qu'ils ont choisi. Blake Griffin, athlétique, aérien et puissant, n'est pas sans rappeler Karl Malone, l'un des plus grands scoreurs de l'Histoire du basket. Assurément, le power forward est de ceux qui ont le potentiel pour marquer la ligue de leur empreinte. C'est tout ce qu'espère Toronto.
2 DeJuan Blair: Un panzer, doté de bons moves qui ne sont pas sans rappeler Elton Brand. Généreux, excellent rebondeur pour sa taille, il n'a aucun problème à se coltiner des morceaux qui lui rendent 10 centimètres tous les soirs. Costaud, bon dans les placements, il ne doute jamais de lui. S'il parvenait à se faire une carrière à la Charles Barkley, il aurait réussi. Contrairement à Sir Charles, il ne voudra pas se la jouer soliste et compte bien s'offrir quelques bagues de Champion.
3 David Lee: Pas évident de succéder à celui qui fut peut-être le meilleur power forward de l'Histoire. Déjà mûr (25 ans), Lee est un excellent scorer, avec d'excellentes mains et une bonne coordination. Même si ce n'est pas sa spécialité, sa défense est très intéressante, et s'il n'est pas un vrai méchant, il jouera de son intelligence de jeu pour faire déjouer l'adversaire. L'ancien Gator perpétue la tradition de forts scoreurs à Atlanta avec Bogdanovic ou Vince Carter. Un atout indéniable pour reconstruire.
4 Rajon Rondo: Une vraie dynamite. Ultra rapide, fort en pénétration, ce poids plume profite de sa suractivité pour être un défenseur très intéressant. Habitué à faire le show dans sa fac du Kentucky, il devra polir son jeu et devenir un véritable playmaker. Son punch et sa vista devraient faire des dégâts dans une équipe très jeune, et où sa rapidité sera complémentaire des gabarits impressionnants des baobabs du Michigan. Après les Isiah Thomas, Chauncey Billups ou Mike Bibby, il pourrait être le représentant d'une nouvelle ère.
5 Ersan Ilyasova: Avec les départs de Jermaine O'Neal et surtout Kirilenko, Utah tourne une page importante de son histoire. S'ils avaient besoin de talent, ils sont servis avec cet artiste venu du Bosphore, aux qualités qui ne sont pas sans rappeler Aleksandrov, au gabarit similaire. Ce 3-4 est capable de jouer des coudes pour aller gober les rebonds, comme de s'écarter pour planter quelques tirs à mi-distance. S'il progresse en défense (pas évident de succéder à Kiri), il pourrait être le nouveau dépositaire du jeu du Jazz.
6 Nate Robinson: Depuis le départ de Chris Paul, les Mavs se recherchent un point guard de talent. Kryptonate en est un, indéniablement. S'il n'est pas un distributeur dans l'âme, vous pouvez en revanche compter sur lui pour enflammer les fans de ses dunks incroyables. Sa vélocité et sa détente sont redoutables, même s'il a tendance à préférer le beau à l'efficace. Mentalement friable, s'il est capable de se fondre dans un collectif et de laisser de temps en temps la gonfle aux autres, il peut être un choix très pertinent.
7 Trevor Ariza: Dallas pourrait avoir eu le nez fin en envoyant Rudy Gay et son gros contrat à Cleveland pour engager le Floridien. Complet, athlétique, c'est surtout un défenseur d'excellente facture. Encore perfectible, notamment dans sa faculté à tenir physiquement contre les mastards qui trônent dans les raquettes. Il a assurément de grosses dispositions, et représente l'avenir des Texans avec son compère rookie Robinson, et les intérieurs Asik et Pekovic. Kevin Garnett sera là pour chapeauter cette talentueuse pépinière.
8 Marcin Gortat: Une tour polonaise pour sécuriser la raquette louisianaise. Tyrus Thomas sort d'une grande saison et, pour la première fois depuis son arrivée à NOH, il aura un vrai centre d'envergure à ses côtés. Le Polonais n'affole pas les compteurs, son dada c'est la dissuasion. Contreur, rebondeur, il n'aime rien de plus que voir la frayeur dans le regard de ses adversaires. Avec cette base intérieure fiable et le dernier rookie de l'année Jose Juan Barea, les Hornets se donnent les moyens de venir piquer plus que de coutume.
9 Jeff Teague: Encore vert, ce scoreur très intéressant a un potentiel pour devenir un excellent joueur. Etant loin d'avoir atteint son maximum, il laisse à penser qu'il est largement capable de s'améliorer dans la direction du jeu, car il n'est pas d'un naturel égoïste. Raymond Felton, deuxième passeur de la ligue en carrière, devra faire attention s'il ne veut pas voir passer l'explosif meneur devant lui. Teague sait que les Spurs ont besoin de renouvellement, et on peut compter sur lui pour savoir en profiter.
10 James Johnson: Juste derrière Teague, un deuxième Demon Deacon de Wake Forest est monté sur la scène de la draft. Detroit est surblindé à l'intérieur, et a su s'armer là où il le fallait. Avec un meneur, les Pistons ont recruté ce solide ailier, parfois comparé à Ryan Gomes. Complet et puissant, il a un éventail complet pour réussir une belle carrière. Dans un groupe où tout est à reconstruire, il semble être à même de s'imposer rapidement parmi les cadres, pour tenter d'enfin sortir la franchise de l'ornière.
11 Linas Kleiza: Le Lituanien, passé par la formation américaine avec Missouri, est un intérieur dans l'âme reconverti à l'aile pour des raisons de gabarit. Plutôt lent, il a en revanche le sens du placement, et sait imposer sa masse pour prendre également quelques rebonds. Si l'on peut s'étonner de le voir débarquer alors que l'équipe paraissait déjà équipée sur les ailes, il devrait cependant apporter un registre différent qu'Ellington, Henderson et Martin, plus portés vers l'extérieur.
12 Lou Williams: Déçus du rendement de Jamaal Tinsley, qui n'a pas remplacé Mike Bibby, les Suns ont opté pour ce combo. Pas vraiment gestionnaire, ce feu follet ne devrait pas dépareiller avec les Gélabale ou Beasley, qui officient déjà à l'US Airways Center. Il n'est pas impossible qu'avec l'arrivée de Calderon, il soit décalé en poste 2 afin de lui laisser prendre tranquillement la maturité nécessaire à driver une équipe pro. Mais il ne manque pas de talent, et on pourrait en entendre reparler dans quelques années.
13 DeMar DeRozan: En talent pur, c'est peut-être le meilleur après Blake Griffin. Sorti de l'université de Californie du sud, comme OJ Mayo, cet incroyable dunkeur n'est pas sans rappeler le Vince Carter des débuts. Son jardin, c'est les airs, et il a d'ailleurs parfois trop tendance à se reposer sur ses prédispositions naturelles. S'il travaille son shoot et sa défense, il peut devenir un très grand joueur. Les Cavaliers n'ont maintenant plus qu'à espérer qu'ils ont trouvé la perle rare et pas un bust. Une future star?
14 Warren Carter: Dans le pays de la frime, le Heat dénote en aimant les sans-grades. La formule a fait ses preuves, avec Speights, Jefferson ou Gray. Toutefois on peut s'interroger sur la venue de l'ailier, pas vraiment attendu à cette place. 3-4, ce n'est pas un monstre de défense. Il fait preuve de meilleures dispositions en attaque, toutefois ne vous attendez pas à le voir révolutionner le jeu de Miami. Lui qui n'était qu'un anonyme à ses débuts en fac devra continuer à progresser s'il veut se faire une place dans la grande ligue.
15 Mirza Begic: Décidément, Denver aime les pivots colosses. Seule différence avec ses trois compères élevés à la viande rouge, il ne pèse que 100 kilos tout mouillé, bien peu compte tenu de ses 2m21. C'est cependant un vrai pivot, qui mettra certainement quelque temps à parvenir au top niveau, mais qui est relativement bien coordonné et mobile pour sa taille. Pas vraiment porté vers les joutes physiques, il devra pourtant s'y mettre s'il veut s'imposer devant les déménageurs qui le concurrencent au centre chez les Nuggets.
16 Dahntay Jones: Le papy de la cuvée. A déjà 28 ans, les Lakers ont pourtant opté pour ce joueur de complément, à la fois adroit, habile et capable de bien défendre. Orphelines d'Andre Iguodala, les lignes extérieures des mauves et or devraient apprécier l'apport de ce joueur qui ne tire pas la couverture à lui, mais cherche toujours à faire ce qui sera utile à l'équipe. Un joueur intelligent, qui sait qu'il n'a pas de temps à perdre pour faire sa place. Cela tombe bien, les Angelinos ne veulent pas traîner à retrouver les sommets.
17 Austin Daye: Le power de Gonzaga est un intérieur fuyant, qui rechigne à bouger du gras et devra se faire violence chez les pros. Peut-être plus à l'aise à l'aile, il pourrait pourtant faire des dégâts avec ses 2m11. Fils de Darren Daye, ancien des Celtics et des Wizards, il a développé un basket académique mais doit maintenant gagner en dureté pour ne pas passer derrière les cinq autres numéro 4 de l'équipe. Si sa marge de progression est énorme, c'est avant tout dans la tête que le travail est important.
18 Milos Teodosic: Les Wiz risquent d'avoir de plus en plus de fans. L'équipe comptait déjà de jolis artistes, entre Curry, Singletary, Carney ou Cummard. Le Serbe est lui aussi un joueur capable d'enflammer une rencontre. Fort sur le dribble, c'est avant tout un scoreur, qui apprécie autant le drive que le shoot. Si Washington veut jouer uptempo, elle aura encore un argument de poids à faire valoir. Précieux pour une franchise qui commence à s'installer parmi les bonnes équipes à l'Est.
19 Mirza Teletovic: Z'avez pas vu Mirza? En voilà un second. Le Bosniaque est un joueur "NBA ready". Puissant, adroit, grand, ce n'est pas un arrière, mais un ailier sur lequel les Clippers pourront déjà compter. Rompu aux joutes européennes, il et une alternative tout à fait intéressante à Ryan Gomes, avec lequel il serait également capable de cohabiter. Manquant d'impact extérieur, Koljevic mis à part, la deuxième équipe de L.A. aura une nouvelle menace extérieure, qui pourrait être précieuse spécialement dans l'optique des playoffs.
20 Jordan Farmar: Le meneur aux oreilles de Dumbo ne sera jamais un franchise player, certes. En revanche, le rôle de back up d'Acie Law IV semble taillé pour lui. Défenseur intéressant, honnête manieur de ballons, c'était le coéquipier d'Ariza à UCLA, université éleveuse de champions en batterie. Réputé pour ses qualités humaines, c'est encore un joueur sain qui rejoint la baie de San Francisco. Au moins, ses objectifs sont clairs. Assurer quelques bonnes minutes derrière le maître à jouer des Warriors.
21 Martynas Gecevicius: Encore un joueur qui cadre parfaitement avec le projet des Rockets. Pas une star, le Lituanien est en revanche déjà prêt à quelques minutes, intelligent, doté encore d'une marge de progression importante. Léger, c'est un vrai pointeur à l'européenne, complémentaire du slasher Arron Afflalo. Joueur de collectif, il sera également capable de donner le coup de main au meneur de jeu lors des montées de balles difficiles. Assurément un bon choix à ce stade de la draft.
22 Semih Erden: Si l'escouade extérieure de Memphis est une véritable armée mexicaine, la rotation est plus réduite à l'intérieur. Le pivot turc est là pour y rémédier. Grand, léger mais costaud, c'est un vrai centre, qui devrait relayer efficacement l'homme et demi Sun Ming Ming. Son premier atout est sa présence défensive, car notre homme n'hésite pas à secouer de la viande, et peut compter sur un dynamisme intéressant pour son gabarit. Dans une franchise qui aime les étrangers, il y a un créneau à prendre.
23 Patrick Mills: C'est un leader dans l'âme qui débarque dans le New Jersey. L'Australien était le tôlier à Saint Mary's, et s'il n'aura pas ce privilège à Newark, lui n'a aucun doute dans sa capacité de s'imposer chez les Nets. Lui ce qu'il aime, c'est diriger le jeu. Pas forcément attaquant inspiré, il n'hésite pas à prendre ses responsabilités et ne gamberge jamais sur ses erreurs. Rapide, bon manieur de ballons, il aura du mal à challenger Marcus Williams, mais sera un backup de talent pour un challenger au titre.
24 Chinemelu Elonu: Au milieu de tous ces violonistes, il fallait bien un déménageur de pianos. C'est chose faite avec le Nigérian sorti de Texas A&M. Le bonhomme est brut de décoffrage, mais ne nous y trompons pas, c'est un joueur qui doit apprendre. Doté d'un physique explosif, il est très efficace près du panier. Défensivement, il est encore un peu frustre, mais il a une marge de progression qui pourrait lui permettre d'être une rotation efficace. Derrière Odom et Przybilla, il aura le temps d'assimiler.
25 Joel Freeland: L'Anglais est l'archétype du prospect. Très limité pour le moment, sa mobilité et ses bonnes mains, ainsi que son intelligence de jeu, peuvent lui permettre de devenir un excellent joueur. En attendant, il devra travailler dur pour ne pas se faire manger par les autres intérieurs de l'équipe. La ribambelle de coaches personnels aura de quoi faire ses preuves avec cet intérieur à développer. Utah démarre un nouveau cycle, à lui d'être assez rentable pour en devenir un élément indispensable.
26 Mike Taylor: Si le Magic a décidé de faire l'impasse sur son cap pour accueillir le meneur d'Iowa State, c'est qu'il doit avoir un peu de talent... Forte tête, il est en revanche pétri de talent. Il compte sur sa rapidité hors norme pour défendre le fer, et réussire quelques coups d'éclats. S'il apprend à jouer simple et intelligemment, il en a énormément sous la semelle. Avec cinq meneurs de jeu de 23 ans tout au plus, il devra maintenant montrer qu'il a quelque chose de plus que les autres pour s'imposer.
27 Patrick Beverley: Le Razorback d'Arkansas est un meneur fou fou, qui table essentiellement sur sa vitesse et ses qualités athlétiques. Bon en pénétration, il se distingue surtout dans le jeu de transition et dans ses interceptions vitesse grand V souvent conclues de façon spectaculaire. Comme souvent pour les joueurs de ce type, il a tendance à bouffer les ballons et trop se reposer sur ses qualités naturelles. S'il aime scorer, il a du mal à faire le tri dans ces shoots. Derrière Hopkins, il devra être efficace sur un faible temps de jeu.
28 Chris Quinn: A l'instar de Jordan Farmar à Golden State, le rôle de ce meneur académique est tout à fait clair. Assurer les remplacements de Ramon Sessions sans trop de dégâts. On ne lui demandera pas d'avoir le même rendement que l'ancien rookie de l'année, mais de faire ce qu'il sait faire, c'est-à-dire passer sans trop de pertes de balle, et marquer quelques tirs ouverts lorsque la défense se fera trop poreuse. Taillé pour être role player, c'est un bon soldat qui ne devrait pas décevoir.
29 Jerome Randle: Le point guard de Cal est le quatrième meneur d'affilée, et clos le premier tour de draft. Les Spurs ont vraiment décidé de redynamiser leur backcourt, en pickant un troisième meneur en deux drafts. Celui-ci est liliputien (1m78 et 73 kilos) spécialiste du shoot. Impact player, il lui sera demandé de planter quelques banderilles sur un temps de jeu très réduit, à l'image d'un Steve Kerr, Champion avec les Spurs dans les années 90. C'est tout le mal qu'on lui souhaite d'avoir la même destinée.

Les resignatures sont visibles ici. En revanche, vous pouvez toujours ajouter une année supplémentaire à vos seconds tours de l'an dernier. Vous avez jusqu'à la fin de la présaison pour le faire. En ce qui concerne vos seconds tours de cette année, vous avez également jusqu'à la fin de la présaison pour les couper sans que leur salaire compte dans votre cap.

Dès la fin du second tour, il sera temps de faire place à la Free Agency, sous forme de cinq vagues normales et une vague complémentaire (voir règlement). Deux offres à faire pour la première vague.